J’avais environ 8 ans quand j’ai pris mes premières photos, c’était de la macrophotographie. Avec mon père, nous placions d’infortunées petites bêtes (phasmes, abeilles, scarabées, etc.) pendant quelques minutes au congélateur avant de les disposer délicatement, pétrifiées, sur des pétales de fleurs ou des branchages. Ainsi obtenue la coopération involontaire de ces mini sujets immobiles, nous pouvions tranquillement régler la mise au point, la profondeur de champ, et soigner nos cadrages. Peu à peu, l’insecte revenait à la vie, et finissait par s’envoler. Enfin, généralement.
Aujourd’hui que mon intérêt se porte davantage vers une photo plus « humaniste », dans un esprit plus proche de Cartier-Bresson que de celui d’Anne Geddes, je ne congèle pas les êtres humains, mais j’ai toujours l’obsession de capturer cet instant parfait et immobile où tout s’organise de soi-même dans l’espace dans des proportions et avec un rythme satisfaisants.
Le noir et blanc permet, selon moi, un détachement du réel, une transposition poétique et irréaliste d’un quotidien en apparence anodin.
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